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Interview COROSTELER

 
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le massaii

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MessagePosté le: Jeu 28 Mai - 11:47 (2015)    Sujet du message: Interview COROSTELER Répondre en citant

 

Rencontre avec Romain et Silvere de COROSTELER, groupe de Post Métal Indus Franc-Comtois. Le duo vient de publier son premier album « Vestiges » et se prépare pour une série de concerts. L'occasion de faire la connaissance avec ces artisans du Rock, qui façonnent soigneusement un métal d'une richesse insoupçonnée.


Ça fait un moment que j'entends parler de vous et je vous ai enfin sous la main, ça me fait plaisir ! Présentez moi en quelques mots votre musique.


Romain : Donc c'est un mélange de métal et d'Indus. COROSTELER c'est le nom de mon arrière grand-père, russe. Et pour lui rendre hommage, on a pris son nom. En plus ça fait l'alliance avec « Coros » la corrosion, et « Steler » le coté stellaire.


Donc pleins de clins d’œil plutôt sympas... Parlez moi un peu de l'histoire du groupe, et de son évolution musicale. Puisque vous avez vécus pas mal de changements d'orientations pour en arriver à cet album.


Silvere : Oui on a commencé en 2011, on faisait du Métal progressif. Avec un batteur, deux guitares et une basse. On n'avait pas de chant et pour ajouter un coté atmosphérique on avait quelques samples (des discours, des passages de film, etc...) pour donner un coté théâtrale à notre musique. Une période qui a duré deux ans, et puis on s'est séparés du batteur. Au niveau de la régularité c'était pas tout à fait ça...


Romain : On n'avait pas les mêmes objectifs.


Silvere : Nous on voulait quelque chose de carré. Quand tu arrive en répète et que, d'une répète à l'autre tu joue des choses différentes... On pouvait pas avancer tous dans la même direction comme ça. C'était un super pote avec qui on jouait déjà dans d'autres groupes, mais on a pris une décision... C'était un peu douloureux de dire « on arrête ».


J'imagine, quand il faut mettre l'amitié de coté pour le bien du groupe, c'est pas évident...


Silvere : On a eu des discussions, mais au final on croise toujours notre pote et ça se passe super bien. Lui aussi est parti dans d'autres groupes, des choses plus punk. Il fait des tournées... Mais quand on se retrouve c'est génial.


Ça c'est pas mal ! Quand on arrive a rester bon copains malgré les divergences artistiques. C'est pas toujours comme ça que ça se passe... Après vous avez eu un passage acoustique, comment on passe du Métal prog à un projet acoustique ?


Romain : On avait pas mal bossé sur ces compos, on avait deux ans de boulot dessus. On voulait garder nos morceaux, et l'âme qu'on y avait mis. Et au lieu de chercher un batteur, chose qui n'est pas évidente... Trouver la bonne personne, humainement et techniquement. Donc on a décidé de bosser ça en acoustique, à trois (Romain, Silvère, et leur ex-guitariste). Ça se passait pas mal, on a travaillé pendant un an, tout nos morceaux étaient prêts, et notre guitariste a décidé de tout arrêter. Il y avait les kilomètres parce qu'il habitait assez loin, et le travail... Il a décidé de tout arrêter du jour au lendemain.


Silvere : Il travaillait de nuit, donc venir faire les répètes c'est devenu trop chaud pour lui. C'était sa décision mais nous on était à font dans ce projet acoustique. On a fait un ou deux lives, ça passait bien. On y avait ajouté un coté visuel, c'était intéressant, mais tout en restant dans un esprit Métal. Y'a des groupes dans cet esprit là, on peut citer « Agalloch », un groupe canadien. C'est du Métal avec des ambiances acoustiques et pas mal d'ambiances planantes. Donc dans cette période, on pouvait se rapprocher de chose comme ça. Et puis Romain qui est plus  Post Hardcore  apportait un coté plus Post Rock.


Donc il est possible de marier l'acoustique et l'esprit Rock... Et aujourd'hui on vous présente comme un groupe de Métal Indus, ou Post Métal Indus... C'est une étiquette qui a un sens pour vous ? Elle vous convient ?


Romain : C'est pour mettre une étiquette. Après c'est tellement compliqué maintenant avec tous les groupes de Métal et tous les styles qui existent. Il faut bien mettre une étiquette pour cibler un peu mais c'est vrai qu'il y a tellement de variantes dans notre groupe, ça part un peu dans tous les sens. Et donc oui, on s'est retrouvés à deux avec Silvere avec qui je fais de la musique depuis 15-20 ans. C'est mon meilleur pote. A chaque fois qu'on a eu des groupes ça partait en vrille, donc on a décidé de rester tout les deux, garder une âme solide. Plutôt que de trouver un batteur, on va mettre une boite à rythme, des samples, et on est parti comme ça. On a travaillé pendant un an, on a bien bossé. En un an on a tout composé, enregistré, on s'est auto-produit et le résultat est là.


J'allais dire que ça fait un paquet de boulot pour deux, mais tu as l'air de dire que c'est presque plus facile parce que vous êtes vraiment en osmose ?


Silvere : Disons qu'on est plutôt complémentaires. On a chacun des univers assez différents, Romain est plus Post Métal et moi je suis plus industriel. Et c'est le mariage des deux qui donne COROSTELER.


Romain : C'est vrai que de tout les groupes qu'écoute Silvere, j'en aime pas beaucoup (rire).

Silvere : Et au départ ,quand on s'est retrouvé les deux, je dois t'avouer que pour les premières répètes c'était chaud de se retrouver sans batteur. Ça nous a un peu perturbé. On n'arrivait pas à trouver de la puissance dans la musique, et il nous a fallut un déclic pour pouvoir composer des morceaux plus agressifs... Pour réussir à mettre de la puissance, et à partir de là toutes les musiques se sont enchaînées assez facilement. On vient de sortir notre album, on a un peu plus de 60 minutes dessus. Mais on a encore des compos qui ne sont pas sur le cd. Donc on a commencé à travailler sur le prochain (album) avec encore des collaborations parce qu'on aime bien, de façon ponctuelle avoir un pote qui vient poser du chant ou mettre un petit coup de guitare, jouer du saxo ou autre...


Oui, sur cet album, il y a pas mal de monde de la région ?


Romain : Oui, il y a le Toto des Wild Bifflers qui joue dans « Nomades », Le Charp de Madjive sur « Reborn in chaos »... Oui on fait pas mal de collaborations. Mais dans la façon dont on compose notre musique, ça part souvent d'une idée... J'ai une petit enregistreur, et par exemple quand j'ai eu mon enfant Germain, j'ai enregistré ses pleurs. Je l'ai samplé et ça donne une idée de morceau, donc il y a Germain dans l'album. Il y a mon chien aussi, ma copine qui chante un peu, la copine de Silvere... j'aime bien ce mélange.


Justement, parlons du choix et de la recherche des sonorités que vous samplez. Comment ce déroule cet aspect de la création ? Je pense notamment aux percussions très métalliques de Taetra universe, mais l'album est bourré de sons particuliers.


Silvere : On travaille beaucoup séparément, on s'envoie des idées, des fichiers par internet. Et ça amène une idée à l'autre, c'est un question réponse. Et quand on se retrouve en répète, tout ça se mélange et le morceau se construit. Mais souvent comme le dit Romain, ça part d'une idée. Quand tu as un riff de guitare, il va t'amener un certain sentiment. Par exemple la tristesse ou la déception... Autour de ça on va construire l'ambiance qui, au travers de la musique, va décrire ces sentiments. Il y a des morceaux ou l'on va dénoncer la société de consommation, ou l'on procède de la même façon et Romain va broder des textes dessus.


Les instrumentales occupent une belle place sur ce disque, ça donne une vision plus abstraite de votre musique (Larsen, taetra universe). C'est pour vous un moyen de vous exprimer différemment ? L'émotion prédomine dans votre musique ?


Romain : Oui beaucoup. J'écoute beaucoup de musique ou tu ressens vraiment les choses. J'aime bien le Screamo aussi, des groupes comme Cult of Luna, ou tu sens que la musique parle d'elle même. Y'a presque pas besoin de paroles pour comprendre ce qui ce passe, j'aime bien ce coté instrumental. Je compose beaucoup de longues plages tout seul, et on brode autour. Silvere amène son chant et écrit un texte, ce qui me lance sur une autre idée... J'essaye de regarder autour de moi en marchant ou au boulot, je trouve des sons de machines... J'me dis que ça peut coller, et puis on essaye... Avec la magie de l'ordinateur, on est pas bloqué dans un studio a payer des bandes donc on peut se permettre beaucoup de choses.


Vous êtes toujours en expérimentation en fait ?


Romain : Oui toujours. Et à coté de ça, je suis artiste. Je fais de la peinture, les décors de scène. Beaucoup d'idées arrivent de tout les cotés. Pour notre décors de scène, on a toute une imagerie avec un écran qui projette nos vidéos, mais aussi des drapeaux. J'ai fabriqué un totem, qu'on voit sur la pochette du disque. C'est un mélange entre un embrayage et des cornes de vache, pour montrer un peu la mécanique et la nature qui s'affronte. COROSTELER c'est tout un univers.


Silvere : Oui, il y a un gros coté visuel. Romain fait un gros travaille là-dessus, avec ses sculptures, ces pieds de micros par exemple. En acier rouillé, assez impressionnant qui rappelle le coté corrosif. Dans COROSTELER il y a l'esprit « do it yourselfe », on aime bien faire tout nous même. Moi j'ai fabriqué des pédales de disto en soudant moi même mes composants pour avoir un truc personnel. On a vraiment cherché à faire vraiment notre son comme on a envie, et rechercher un son spécifique. On s'amuse avec des pédales, on va brancher jusqu'à dix pédales en série... On cherche a faire différent de ce qui se fait à l'heure actuelle. Faire un son hyper comprimé et hyper propre, on pourrait le faire, mais c'est pas ce que l'on cherche. Justement on cherche a amener le coté Indus, un peu sale à la musique. Le chant par exemple passe par des distorsions, des compresseurs. Et c'est pareille en live, donc le chant est assez agressif. Y'a des effets radio, des distorsions , des réverbes aussi pour amener un coté mystique. Puisqu'il y a un aspect mystique ou religieux dans notre musique. Le design de notre logo est un mélange de toute les religions...


Quand on regarde le logo, ça fait penser à du celtique...


Silvere : On a mélangé aussi des croissants, des étoiles, des croix... Pour dire qu'au final tout est en osmose.


Parfois le chant et donc la voix est mis en retrait dans vos morceaux. Çà peut être un élément secondaire pour vous, ou vous considérez le chant comme un instrument parmi d'autres ?


Silvere : Oui, c'est un instrument comme un autre. C'est vrai qu'il y a des groupes qui m'influencent beaucoup au niveau du chant. Ministry par exemple ou tu as un chant avec une grosse distorsion. Tu vas avoir des chants plus posés comme The Soft moon, ou les chants sont sous-mixés. Donc c'est vrai que les deux cotés m’attirent. Et Romain a un chant plus Hardcore, plus hurlé. C'est un mélange de tout ça et on essaie de mettre chaque chant à sa bonne place.


En fait vous êtes des petits artisans, vous faites un travail très ciselé finalement.


Romain : C'est très travaillé. A la première écoute on peut avoir l'impression que c'est des riffs hyper simple mais... Chaque riff, on peut t'en raconter l'histoire, on sait d’où ça vient.


Donc du gros boulot derrière, et chaque couche qui s'accumule apporte quelque chose...


Romain : Ça c'était un autre problème. Dans un studio tu t'amuse, tu peux mettre douze guitares. Mais en live on est que deux, donc c'était un problème qui se posait. Mais c'est bien résolu, on a su s'adapter.


Comment on fait pour empiler des couches de sonorités sans que ça devienne un gros bordel cacophonique ? Pour garder de la cohérence ?


Romain : Justement, il arrive que tu t'enflamme et que tu en mette trop. Et tu te rend compte que c'est abusé, que c'est plus humain. Mais c'est pareille c'est pas évident quand tu as deux guitares, il faut vraiment bien s'entendre quand tu as un soliste et un rythmique. Moi j'ai la chance d'être tout seul, mais quand je compose mon morceau j'ai déjà ma deuxième guitare en tête. En général je ne met pas douze guitares, mais avec trois guitares il y a déjà moyen de faire de super choses.


Silvere : Et il y a des fois ou la guitare se suffit à elle-même. Il y a un morceau sur l'album ou tout était dit, il n'y avait pas besoin de rajouter de basse. Et ça le fait aussi.


C'est vrai qu'on bascule parfois du très crade et très saturé, au très pur, très net avec juste de la guitare ou juste de la voix. C'est des moments de poses qui tombent très bien...


Romain : C'est un peu une histoire cet album, il raconte les choses. En fait on aurait pu le faire en une seul piste tellement les morceaux s’enchaînent. Il y a un fil conducteur et le reste suit. Je reproche ça à des groupes, que tu écoute la une, ou la deux, ou la quatre... Ça va sonner exactement pareille. Je trouve ça dommage, je trouve que les groupes devraient expérimenter d'autre choses. Ça amènerait plus de rondeur à leur truc.


Quand on écoute votre album, on a parfois l'impression que vous êtes sous antidépresseurs. Vous abordez les choses de façon assez sombre, et vous faite une critique assez acerbe de notre monde, notre société. Parlez moi une peu des textes de cet album.


Romain : C'est un peu un délire pots-apocalyptique. Mais la tristesse, je trouve que c'est le sentiment le plus fort. Le plus intense pour moi. Après dans le Métal, c'est plus facile de parler de choses tristes, il y a une sonorité qui va dans ce sens.


Silvere : C'est vrai que l'album est relativement pessimiste. Mais quand tu vois les actualités en permanence, comment tu peux être optimiste ? Quand tu regarde bien, la planète est en train de crever, et personne ne fait rien. On dresse simplement ce constat, en plus on en est les acteurs. Tout le monde en est acteur, et puis on fait rien. Donc nous on est simplement là pour constater que le monde va droit à sa perte. On est là au milieu, presque contrôlés par des forces invisibles. Alors qu'en fait la planète pourrait être gérée de façon plus raisonnable. Avec plus de partage et plus d'égalité.


Donc c'est ça le moteur de COROSTELER, coté texte c'est ce qui fait avancer la machine ?


Silvere : Au font de nous il y a quand même un espoir mais on dresse ce constat.


Romain : On voit que si on continu comme ça, on va à notre perte. Et on raconte un peu l'après monde dans notre album. On voit les choses comme ça, c'est vrai que c'est un peu pessimiste mais... On est joyeux quand même à coté de ça (rire).


Il y a une chanson sur l'album qui remet un peu de confiance, de baume au cœur. C'est Reborn in chaos, où sur la fin ça repart en cacahuète mais dans l'ensemble c'est un morceau assez positif.


Romain : Oui, pour cette chanson on avait les lignes directrices de composées et le « charp » était intéressé. Donc Sebastien Charpiot, du groupe Madjive, qui a une voix plus mélodique. Ça, nous on ne sait pas faire... Il a fait cette chanson en anglais, c'est d'ailleurs la seul de l'album. Nous on compose en français, parce qu'on se comprend et que c'est notre langue maternelle. Donc lui, est parti dans un trip en anglais, ça donne une autre vision du morceau. Ça a donné un peu de beauté au morceau, ou un chemin différent en tout cas.


Silvere : Il raconte un peu l'amitié qu'il existe entre lui et nous. Un pote que l'on connaît depuis 15 ans, il raconte un peu notre histoire. « Tous comme des frères » et même si on se sépare, on renaîtra tous dans le chaos...


Tu le disais, le chant en français, votre langue maternelle. Un choix de facilité ? Beaucoup de groupes disent que l'anglais est plus musical, plus fluide... Pour vous le français marche très bien ?


Romain : En fait le français donne vraiment de la profondeur. Tu peux vraiment utiliser la langue, avec des métaphores, etc... Chose que tu ne peux pas forcément faire en anglais. Et puis moi je connais le français, je préfère écrire des morceaux et savoir de quoi ils parlent. Ça me renforce dans ce que je chante, ce que je cris, je ressent plus le morceau.


Silvere : Je trouve qu'il vaut mieux ce forcer à faire du français, plutôt que de passer pour un blaireau en chantant en anglais très mal. Moi je parle et j'écris très bien anglais, donc on serait capable de le faire. Ça ajouterait peut-être un peu de musicalité mais d'un autre coté, tu n'arrive pas a sortir les mêmes émotions qu'en français. Le français est quand même la langue littéraire par excellence, faut pas l'oublier. Après c'est pas forcément une langue musicale, notamment avec certaines intonations, mais si je te parle d'Edith Piaf par exemple, qu'est connue à travers le monde. La beauté du chant français est là quand même. Après dans le Métal, tu peux tout de suite tomber dans ce que j'appelle, le coté « No one is inocnet » ou « lofofora ». C'est à dire un chant assez typé contestataire. Donc nous on a essayé de partir dans une direction opposée pour éviter de faire penser à des groupes comme ça.


Vous êtes un duo, vous fonctionnez un peu en huis clos, est-ce que vous n'avez pas peur de tourner en rond ? Est-ce-que vous avez des avis extérieurs qui vous permettent d'avancer ?


Romain : On demande toujours des avis extérieurs. C'est vrai que même en compo, il nous arrive de passer quatre heures sur un riff. On arrivait par moment à dire : « Bon si ça colle pas, on met de coté ». Les derniers morceaux qu'on a composé, ils ont été composés instantanément, mais parfois c'est pas évident. Mais comme on a pas mal de potes qui peuvent critiquer ouvertement, ça aide. Justement, nous on demande que ça, une critique qu'elle soit bonne ou mauvaise, c'est super constructif. Pour le moment on a de bons échos donc c'est rassurant dans ce que l'on fait.


Et sur scène, comment le disque est accueilli ?


Silvere : On a fait une release party, donc un concert à huis clos avec l'association Aim'Rock. Donc un concert privé, devant 30 ou 40 personnes pour la sortie de l'album. Tout le monde a été surpris par le set et le visuel. On a fait un set assez intimiste, qui partait assez violemment, qui partait ensuite sur des morceaux assez calme, pour finir sur du violent. On a essayé d'amener les gens dans notre univers, et tout le monde a été conquis.


Parlez moi de la mise en scène. Pour occuper l'espace et proposer un set dynamique, est-ce que vous avez recours à une mise en scène particulière ?


Romain : C'est constamment en mouvement. On a un travail de vidéo projection, on est en collaboration avec Stephane Miller qui est un grand cinéaste Lyonnais qui fait des court métrages en super huit. Du travail à l'ancienne comme on l'aime. J'ai bien aimé ce qu'il fait et je l'ai contacté pour faire nos vidéos. Parce que pour le moment on a chopé des vidéos d'archives pour habiller. Mais le but ultime c'est de fabriquer nos propres vidéos pour être dans le thème de nos chansons. Donc Stephane travaille sur ces morceaux, on a déjà une projection. On a fabriqué des drapeaux, et pour la suite on a pleins d'idées mais il faudrait des gens et du temps.


Silvere : On aime bien le coté spectacle. Si tu prend un groupe comme NIN, t'as toujours des shows magnifiques. Avec Marilyn Manson, tu as des décors assez sympas... On aime bien ce coté « Show » ! Quand tu as un pied de micro un peu spécifique, ça ramène un coté étonnant. Ça fait te poser des questions et ça fait réfléchir.


Romain : Certains groupes c'est dommage, tu les vois juste jouer, c'est tout. Il devrait y avoir un univers. On a été voir Ministry, on avait d'énormes cages dressées devant nous... Tu sais qu'il va se passer quelque chose. Et puis comme on est que deux, c'est sur qu'il faut habiller le truc. On peut pas se retrouver à deux avec une boite a rythme derrière, il faut meubler un peu.


Silvere : Dernièrement il y avait Godflesh, le duo inventeur de l'Indus. Ils sont passés dans le cadre du festival Impetus de Belfort. Les mecs sont deux sur scène avec une puissance sonore incroyable, et puis derrière t'as des projections... Effectivement quand t'as pas de batteur, t'es obligé d'avoir ce coté visuel. Parce que juste deux mecs qui bougent un peu la tête, il manque quelque chose. Avec les projections sur écrans, ça donne au spectateur quelque chose a regarder.


Et comme tu le disais tout à l'heure, Romain, ça apporte aussi un outil en plus pour véhiculer ce que vous avez envie de dire.


Romain : Bien-sûr, et on parle de société de consommation. Donc il y a des écrans... ça va avec le thème de nos morceaux et notre état d'esprit.


C'est super cohérent tout ça. Je suis étonné parce qu'on a l'habitude d'avoir des groupes très motivés, très impliqués dans leur musique. Mais parfois tu as le manque d'expérience ou de temps qui fait que tu peux pas aller au bout de tes idées. Et vous, vous arrivez avec un album hyper carré. Vous avez un projet autour hyper carré, et ça c'est pas souvent. Vous faite comment ?


Romain : Pour avoir du temps ? (rire)
Silvere : on dort pas la nuit. (rire)


Romain : Moi j'ai un métier qui ne me plaît pas du tout, je travaille à l'usine. Donc mon cerveau est éteint pour le boulot et je réfléchis tout le temps à des idées, que ça soit pour la musique ou la sculpture. Puis voilà, je ne sais pas comment ça vient, c'est le coté artistique du truc.


Silvere : Je pense aussi que le fait de se retrouver à deux, ça facilite le dialogue. A trois, les discussions sont plus difficile. Alors qu'a deux, tu discute, l'autre te répond. Tu peux aller plus au bout des choses.


Romain : Y'a des batteurs qui nous ont contacté pour jouer avec nous. On a hésité mais si quelqu'un nous rejoins, il faut qu'il soit en osmose avec le projet. C'est pas évident. Et je pense que ça casserait ce coté homogène que l'on a, cette alliance. Donc on a dit quoi qu'il arrive on restera à deux. Les deux ou rien du tout.


Comment on fait pour jouer sur scène avec des samplers, des boites à rythme. On peut pas se permettre trop de liberté, c'est pas frustrant ?


Romain : Je fais confiance à Silvere, le coté technique, c'est lui. Il a tout enregistré, masterisé, tout fait... Donc moi je lui fais confiance. Je prend ma guitare et je crie dans le micro, c'est tout ce que j'ai à faire (rire).


Silvere : C'est sûr que ça impose une rigueur rythmique. Si un batteur peu rattraper des choses, là t'es obligé d'être parfait. La moindre erreur que tu fais, ça s'entend. Mais au final, ça permet d'avoir un coté beaucoup plus carré, plus froid, c'est ce que l'on recherche. Ça permet aussi d'éviter le stress du batteur, dans le métal ça arrive souvent. Un morceau que tu va répéter à un tempo 180, qui va passer à un tempo 210 ça n'a plus rien à voir. Un riff, quand tu le compose à un tempo, il sonne à ce tempo. Si tu l'accélère, ça ressemble plus à rien. Là, avec une boite à rythme, on sait que le morceau composé pour l'album sonnera de la même façon en live.


Parmi les instruments que vous touchez, j'ai vu un truc que je ne connais pas : Le Ebow... C'est quoi donc cette bestiole ?


Romain : C'est beaucoup utilisé dans le Post Rock, c'est un petit boîtier qui fait vibrer ta corde à l'infini. Ça te procure un son de synthé... J'ai découverts ça sur des vidéos, et j'ai trouvé que ça rendait bien pour faire des nappes, des univers. Je l'utilise dans « Taetra univere », et ça fait un peu comme des nappes de synthé, je trouvais ça intéressant. Et j'aime bien aller voir d'autres instruments, autre chose... Par exemple, j'étais dans une déchetterie et j'ai trouvé un porte clé. Je trouvais ça marrant, quand tu appuyais dessus ça lançait une pub. Je l'ai ramené, je ne sais pas pourquoi d'ailleurs... Et en jouant de la guitare, le truc s'est déclenché et le son a été pris dans mes micros de guitare, et ça s'est amplifié. J'ai trouvé ça génial, et du coup je l'utilise en live. J'envoie le truc et je mets du delay à l'infini et ça donne des ambiances...


Ça revient à ce que je disais tout à l'heure : Vous êtes toujours dans l’expérimentation ?


Romain : oui, j'aime bien. Et pour le prochain album ,ça va partir dans le même état d'esprit. On va essayer des choses, peut-être fabriquer des instruments, je sais pas.


Silvere : On essaiera toujours de faire un travail de recherche.
Romain : Faire différemment de ce qui a toujours été fait. Sortir des classiques, en plus avec une boite à rythme ça nous ouvre des horizons totalement différents.


Pour être complètement honnête avec vous, quand on a commencé a préparer cette interview, je me suis dis : Le métal Indus c'est pas mon dada, qu'est-ce que je vais foutre avec ce groupe. Et puis j'ai écouté votre musique, et ce qui m'a plut c'est tout ce qu'il y a derrière. La recherche, les ambiances, le coté très mélodique. Finalement c'est assez réducteur «Métal indus » quand on parle de vous.


Romain : C'est pas évident. J'ai des amis qui ont acheté l'album pour nous filer un coup de pouce. Ils ont été étonnés et m'ont dis qu'ils aiment le disque. C'est tes amis donc tu pense qu'ils sont moins objectifs mais ils ont pu me décrire certains morceaux. Tu voyais qu'ils avaient écouté le truc et ça fait plaisir aussi. Après on met une étiquette sur la musique, moi je ne suis pas forcément pour, mais t'as pas trop le choix.


On fait un peu de promo pour conclure ! Alors cet album « Vestiges » est dispo depuis le mois de Mars. Où est-ce-qu'on peut le trouver ?


Silvere : Pour le trouver, c'est sur le label Gaulhammer. Un label Franc-Comtois, basé à Vesoul. Il y a 4 ou 5 groupes qui ont produits des albums dessus. C'est une pote à nous, qui s'appelle « Zombi », qui s'occupe de ça. En parallèle, on peut trouver l'album sur nos concerts, avec un peu de « merch ».


Est-ce-qu'on peut trouver les anciens disques ?


Silvère : ils sont en écoute sur notre Bandcamp. On ne les a jamais sortis en physique. Peut-être que, si on arrive a avoir un financement, on s'amusera à les sortir. Mais pour le moment c'est pas prévu, on est plutôt sur le prochain album. Et pourquoi pas une sortie vinyle, si on arrive à trouver un petit label.


Et coté concert ?


On a un concert prévu à la poudrière de Belfort, le 20 Juin. Il y aura également GOATVERMIN, un groupe qui est aussi chez Gaulhammer. Il y aura DEFRAKTOR, le groupe de Thrash dans lequel je joue également. Et puis une dizaine d'autre groupes. Après il y a d'autre concerts qui se profilent, mais pour le moment ça n'est pas annoncé donc on va pas en dire plus. Mais on peut dire que Septembre/Octobre, on aura des dates dans la région (Franche-Comté) et si on peut en Alsace et un peu plus loin.


Romain : On aimerait bien trouver des endroits atypiques pour jouer. Je pense au mois de Septembre, ou on aura un concert dans un bois. C'est un délire qui nous plaît bien. On est ouvert à toute proposition...


Pour choper les dates et pour vous suivre, on fait comment ?


Silvere : Le plus simple c'est sur Facebook, la page de COROSTELER, et la page « event » ou l'on peut voir l'ensemble des dates confirmées.


Romain, Silvere, merci d'être passés dans nos studios.


Romain : C'est nous qui te remercions beaucoup. Je tiens a faire quelques remerciements avant de partir. Donc Tof et son assoc AIM 'ROCK, qui nous a accueilli pour la release party. Merci à eux.


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MessagePosté le: Jeu 28 Mai - 11:47 (2015)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 28 Mai - 16:39 (2015)    Sujet du message: Interview COROSTELER Répondre en citant

Merci pour cette super belle et longue interview de COROSTELER . Merci à eux d’avoir répondu à tes question, un excellent groupe à suivre, n'oublies pas de nous rappeler d'en reparler le plus souvent possible, nous avons tellement de groupes qui le méritent qu'il nous est difficile de tous les suivre.

Encore un grand merci à COROSTELER et à ROCK EN STOCK L'EMISSION. Heavy Métal
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MessagePosté le: Ven 29 Mai - 10:00 (2015)    Sujet du message: Interview COROSTELER Répondre en citant

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:51 (2017)    Sujet du message: Interview COROSTELER

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